Ordre du jour du CSE et déclarations
00-Ordre du jour septembre 20261/ Projet Organisation Distributive – Impulse
Les élus SNECA ont analysé le dossier avec le prisme des points positifs et négatifs dont les conclusions sont :
Points positifs
- Refonte de la segmentation clients qui n’a pas évolué depuis 14 ans pour mieux s’adapter au mode de consommation de la banque d’aujourd’hui
- Revue des portefeuilles pour mieux les calibrer, moins de clients en moyenne pour les niveaux 2 et 3 donc théoriquement plus de qualité dans la gestion clients
- 200 promotions
- Regroupement de petites agences plus facile pour planifier, gestion des congés, des absences
- Externalisation du back office : libération de temps commercial en enlevant cette tâche « ingrate » pour certains
- Création de 19 postes dont 5 postes de cadres sur les marchés des pros, de la DMS, de la BP sur des clients générateurs de PNB
- Conservation de CSC dans les agences à flux
- Postulations : un processus mis en place en cascade qui part des métiers de la DMS
Points négatifs
- Présentation du projet en plein mois de juillet
- Une conception du nouveau modèle de distribution élaboré en partie par un cabinet extérieur : n’avons-nous plus les compétences en interne pour faire seuls ces réorganisations ?
- Suppression de 32 postes au total dont 51 sur le réseau de proximité avec pour objectif à terme de baisser les charges et augmenter le PNB mais dans quel but ?
- Baisse de la pesée des managers et du nombre de managers à terme donc moins de possibilités d’évolution dans l’entreprise
- Salariés qui vont se retrouver sans poste suite au projet : sureffectif ok mais combien de temps, si pas de solution trouvée que deviendront il ?
- Formation : certains collègues en poste début janvier mais qui ne seront pas formés sur leur nouveau métier à la prise de poste
- Formation : double vitesse dans le parcours de formation (conseillers niveau 3 bien formés, les niveaux 1 et 2 moins bien lotis)
- Accompagnement demain des collègues qui ne sont plus en capacité de faire de commercial. Quelles solutions proposées par l’entreprise ?
- Gestion de l’accueil avec suppression de quasi tous les CSC donc accueil encore plus partagé qu’aujourd’hui pour les conseillers
- Bornes en test qui d’après les premiers retours ne facilitent pas la vie des collègues : c’est ressenti uniquement comme une sonnette pour dire qu’un client est là, au bout de la demande client il faut un conseiller en face et les clients parfois vagabondent dans l’agence sans savoir ou aller jusque dans les espaces co
- Nouveaux changements pour les clients et collègues seulement 3 ans et demi après ODI’C
- Contrairement à ce qui est prévu par l’accord de branche du 30/04/2026 sur les conditions de travail (art 1.1) aucun bilan complet d’ODI’C avec une étude d’impact n’a été fait auprès du CSE
- Fermeture de 10 agences + 15 Transformations en espace de service demain agence qui fermeront : pour une banque mutualiste cela pose question
- Externalisation de la GDV : comment cela va se passer en cas d’erreur sur un versement, qui va appeler le client Loomis ou le salarié CASRA ?
- Externalisation de la GDV : délai pour les clients pour avoir une consigne, argent dans le coffre du haut sans temporisation donc sans sécurité pour les salariés
- Collègues du vivier et du CRC qui ne sont pas intégrés dans le projet et qui du coup auront vraiment peu d’opportunités pendant quasi 1 an d’intégrer le réseau pour ceux qui le souhaitent
Le Sneca donne un avis négatif
2/ Projet de création de l’Entreprise Data & IA Groupe et de sa dotation en capital
Le Comité Social et Économique a été consulté sur le projet de création de l’Entreprise Data & IA Groupe, ainsi que sur sa dotation en capital à hauteur de 150 millions d’euros, associant Crédit Agricole S.A., ses filiales et les Caisses régionales.
Le SNECA prend acte de l’ambition portée par ce projet. Dans un contexte où l’intelligence artificielle transforme profondément le secteur bancaire, il apparaît légitime que le Groupe Crédit Agricole souhaite se doter d’une infrastructure commune, mutualisée et souveraine afin d’accélérer le développement de ses capacités Data & IA, de renforcer son autonomie stratégique et de limiter sa dépendance aux grands acteurs technologiques internationaux.
Le SNECA partage également l’objectif de mutualisation des investissements et des compétences, qui peut permettre d’améliorer l’efficacité collective du Groupe, de favoriser le partage des bonnes pratiques et de mettre à disposition des entités des outils performants dans un cadre sécurisé.
Toutefois, le SNECA observe que le dossier présenté demeure essentiellement centré sur les aspects financiers, techniques et de gouvernance de la future entreprise. Les conséquences humaines et sociales de cette transformation sont, à ce stade, peu développées.
Le SNECA regrette notamment que le dossier ne comporte pas d’analyse détaillée des impacts potentiels sur les métiers, les compétences, les organisations de travail et les conditions de travail des salariés. Alors même que les solutions développées auront vocation à être déployées dans l’ensemble des entités du Groupe, aucune vision prospective n’est présentée sur les évolutions des emplois, les besoins de formation ou les modalités d’accompagnement des collaborateurs.
Le SNECA relève également que la gouvernance proposée associe les directions des différentes entités du Groupe mais ne prévoit pas de dispositif spécifique permettant un suivi régulier des conséquences sociales de cette transformation ni une information structurée des représentants du personnel tout au long du déploiement.
Enfin, le recours à un cadre social relevant de la convention Syntec pour les futurs recrutements, s’il peut répondre à des enjeux d’attractivité du marché des compétences numériques, appelle une vigilance particulière afin d’éviter toute forme de dualité sociale au sein du Groupe et de garantir des parcours professionnels cohérents entre les différentes entités.
Syndicat National de l’Entreprise Crédit Agricole
En conséquence, le SNECA émet un avis favorable, considérant que ce projet constitue un investissement stratégique nécessaire pour préparer l’avenir du Groupe Crédit Agricole.
Cet avis favorable est toutefois assorti des demandes suivantes :
- La présentation régulière aux représentants du personnel d’un état d’avancement du projet et de ses impacts sur les organisations et les métiers ;
- La mise en oeuvre d’un plan ambitieux de développement des compétences et de formation des salariés aux nouveaux outils Data & IA ;
- L’engagement d’associer les représentants du personnel en amont des principaux déploiements susceptibles d’avoir des conséquences sur les conditions de travail ou l’organisation des activités ;
- Une vigilance particulière sur l’évolution des emplois, afin que les transformations technologiques s’accompagnent prioritairement de mesures d’accompagnement, de reconversion et de montée en compétences plutôt que de suppressions de postes ;
- Une attention constante aux enjeux de qualité de vie au travail, de charge de travail, d’éthique, de protection des données et de maîtrise des risques liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Les élus du Comité Social et Economique rappellent enfin, que la réussite d’une transformation technologique de cette ampleur reposera autant sur la qualité des solutions développées que sur la capacité du Groupe à accompagner les femmes et les hommes qui auront à les concevoir, les déployer et les utiliser au quotidien
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